Livre d'or

Bienvenue chers visiteurs. Si le cœur vous en dit, vous disposez de 160 caractères pour donner votre impression sur votre visite à la Forge Fleurie

 

 

 

Premier locataire, premières impressions

 

 

Régis GOURDON - Lettres Peintes - Juillet 2013

 

La cage aux oiseaux libres,

J’ai maintenant appris à ouvrir les yeux.

Il m’a fallu du temps, trouver mon âge,

pour que ma plume peigne,

les instants poétiques, les paysages insolites,

l’eau, les éléments,

les êtres, la comédie urbaine.

Mais une cage aux oiseaux libres ?

Jamais.

Pourtant ce matin-là, mon postérieur posé,

dans l’antique salon de jardin,

près de la table nappée d’une toile si gaie,

appelant au petit déjeuner,

dans la fraicheur mourante d’un grand matin d’été,

Je nourri ma prose de ce lieu de délicatesse.

J’admire l’élégant héritage, que construit patiemment

par altruisme, pour autrui,

la Maîtresse des lieux.

La Forge Fleurie, et le jardin de Catherine !

Partie tôt comme en son habitude,

en ce lieu de saveurs, et d’arômes,

d’ombres et de lumières propices,

partie, probablement plus tôt que moi,

de son pas menu vers sa composition de verdure.

Le chapeau cloche en paille sur la tête,

son bon sourire planté pour la journée,

les yeux dans ses bourgeons,

elle compose, patiemment,

sa symphonie inachevable.

Néophyte en branchages et autres graminées,

Ignorant des noms savants des compositions florales,

J’ai tout de suite admiré le savant agencement,

de ces bosquets, de ce verger, de ces petits potagers.

Moi l’âne Versaillais nourri de perspectives

et de géométriques buissons,

Je me sens happé par cette fraiche nature,

aux ordres, de sa jardinière.

J’ai capturé de mon encre,

les parfums entêtants de ces grappes de roses,

de toutes ces fleurs aux coloris harmonieux.

J’ai admiré quand même un peu instruit,

les flèches de cathédrales faites de tuiles blanches,

des fleurs des yukas.

Mais que fait ici la Sagrada Familia,

si loin des plaines d'Espagne ?

Et d’autres pétales jaunes pour ce coin ci,

d’or, rouges, écarlates pour ce coin-là,

bleues et champêtres sous ces frondaisons.

Les étamines nourricières déjà bruissantes d’insectes,

qui nourriront eux-mêmes,

les oiseaux d’ici aux trilles bien matinales.

Et ce magnolia chagrin qui protège,

ses éphémères et délicats calices ?

En voilà un malin qui chaque jour délivre une beauté !

Gobant au passage dans ma promenade solitaire,

Les bigarreaux tardifs, à l’or rosi,

appelant de leur saveur sucrée les bocaux de l’hiver.

Lorgnant les poires adolescentes,

mais pas encore fondantes,

admirant les fleurs de courgettes,

et les fraises opulentes.

Trop à dire,

tout à écrire,

Pour cette symphonie des couleurs !

Sous mon tricorne échauffé, l’ébauche se produit,

Mais comment peindre ce que cette main d’artiste,

dispose au gré de son oeil de compositrice ?

Quand même sous l’ombre protectrice, à main gauche,

une vasque de quelque vieux bronze verdi.

Le Roi Soleil me poursuit,

Mais l’endroit lui fait la nique.

A main droite, l’homme de fer !

Curieux assemblage de boites en fer blanc ondulées,

ses lunettes solaires au bout du nez,

il s’entoure, se drape, se parfume,

de chèvrefeuilles ce coquet.

Personnage en villégiature du Magicien d'Oz,

IL se presse, se fond contre son arbre,

pour surveiller ainsi figé,

quelques pas indélicats

dans ce lieu de félicité.

Le matin vibre, tremble déjà, l’air sera chaud,

J’aimerai bien aller jouer à saute grenouilles !

Jeu insolite et endémique qui dans mon dos me titille.

OEuvre d’un pharmacien local farceur et adepte

de la logique batracienne !

Mais je reste coi dans mon fauteuil usé.

Devant moi l’insolite construction m’interpelle.

Accrochée à la haute branche,

d’un conifère exotique,

sa cime de cordelettes espacées,

et servant de barreaux,

formant par leurs tombants,

une cage aux oiseaux bien aérée.

A sa base arrondie, un cercle de tuiles vernies,

Retenant les fins cordages frissonnants sous la brise,

et sur lesquelles des oiseaux clinquants de métal,

s’accrochent, vaille que vaille.

L’ensemble imitant quelques tentes éoliennes

d’un mythique camp aux draps d’or !

Pris par ce piège visuel je me dis

que dans ce jardin, très libertaire,

on entre à sa guise par un nid gigantesque,

fait de branchages entremêlés,

et l’on en sort par une cage aux oiseaux,

aux barreaux démêlés !!!

Cette oeuvre pédagogique éphémère,

faite pour des enfants épris de jardins,

et de bon air,

ne pouvait qu’attirer le poète épris de liberté.

Et si la cage aux oiseaux ne les encageait pas ?

Ce serait donc, mais oui quelle logique,

la « Cage aux Oiseaux Libres !

Alors Catherine aurait gagné !

Puisque en ce matin de juillet,

ma tête embrouillée s’est vidée,

et que sans doutes aucuns,

Ici je reviendrai.

 

Fronteau Juillet 2013, lors de vacances idylliques dans le pays Thouarsais.

Commentaires

Veuillez entrer le code.
* Champs obligatoires
Aucune entrée disponible